interview Mariah Carey

Mariah in Conversation

février 1990

Interview Mariah Carey In Conversation

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Cette interview a été enregistrée quelques jours avant le tournage de son clip Vision of Love, son tout 1er single. Mariah était encore pour ainsi dire inconnue du public.

- Votre mère est une chanteuse d'opéra. Etiez-vous interessée par la musique lyrique ?
Mariah : Non. (rire) Je respecte ce genre de musique mais je ne le chante pas, ce n'est pas mon genre de musique.

- Est-ce qu'elle semblait plutôt tolérante et ne vous obligeait pas à l'imiter ?
Elle me disait "fais-ce que tu veux", tout ce que je voulais c'était chanter. Et je crois qu'elle en était déjà plutôt contente. Elle ne m'a pas dit "chante de manière lyrique !". D'ailleurs elle-même chante dans des styles variés autres que le lyrique.

- Vraiment ? Parce que souvent, les gens qui chantent du lyrique ont tendance à tout interpréter de cette façon.
Elle se débrouillait plutôt bien de ce côté là. Elle chante également du jazz et elle arrive à ne pas l'interpréter de façon lyrique.

- Et quel a été le premier disque que vous avez acheté ?
Je ne sais pas, je ne me souviens pas vraiment avoir acheté des disques à cette époque car je les empruntais plutôt à mon frère et ma soeur qui avaient neuf et dix ans de plus que moi.

- Vraiment ?
Oui, un frère et une soeur.

- Et ils vous laissaient écouter leur propre collection...
Oui.

- Est-ce que ces disques correspondaient à la musique que vous aimiez ou avez-vous développé vos propres goûts indépendamment d'eux ?
J'aimais assez ce qu'ils avaient, notamment les disques de ma soeur. Ensuite quand ils sont partis, j'ai gardé leurs albums et j'écoutais tout ce que j'aimais. En fait, je vivais avec ma mère. Mon frère et ma soeur faisaient presque partie d'une autre génération, et nous avons souvent déménagé, ma mère et moi, en gros treize fois...

- Pourquoi ?
Je ne sais pas. Parce que nous l'avons tout simplement fait. (rire) J'étais petite et je disais "OK, on déménage une fois de plus", alors...

- A New York ?
Oui.

- Est-ce que c'était comme ça, pour voir autre chose !?
Non, je ne sais pas, les circonstances...

- Est-ce que cela a signifié pour vous plusieurs changements d'école ?
Parfois... parfois elle me laissait dans la même école.

- Et est-ce que vous vous adaptiez bien au fait d'être dans un nouvel environnement et d'être une nouvelle élève ?
Non, j'ai détesté ça mais j'y ai été obligée.

- Et à votre premier jour d'integration à l'école, quelle attitude adoptiez-vous ? Plutôt timide ou essayant de parler à tout le monde spontanément ?
Je ne sais pas. Probablement timide... oui.

- Maintenant dites-moi comment vous avez obtenu un contrat et ce qui vous a amené à chanter en tant que professionnelle.
Je travaillais avec mon co-équipier Ben Margulies, qui a écrit sept des chansons de l'album avec moi. Nous avons écrit des chansons, travaillé sur des démos pendant environ un an et demi, j'ai travaillé en tant que serveuse pour gagner de l'argent, et après j'ai réussi à obtenir un boulot en tant que choriste de la chanteuse Brenda K.Starr pour l'accompagner lors de ses concerts. Et elle m'a beaucoup aidée, elle aimait beaucoup de que je faisais, ma musique et ma voix. Alors elle m'a emmené à une réception du label WTJ Records, qui est distribué par CBS, pour rencontrer Jerry Greenberg, qui est était à la tête de ce label (il est à la tête de ce label). Et il s'occupait de ses affaires pas très loin de nous et Tommy Mottola était là (c'est le président de tout CBS Records). Et Brenda prit ma cassette pour la donner à Jerry et Tommy la prit. Et je me disais "cet homme ne va jamais écouter cette cassette, il n'y a aucune chance pour qu'il l'écoute...". Alors je suis juste partie, assez timidement et je me suis dit "Okay...". Tommy monta dans sa limousine et mit la cassette et...il dit au chauffeur de faire demi-tour pour revenir car il trouvait les chansons très très bonnes. Mais j'étais partie et il n'y avait aucun numéro de téléphone sur la cassette, rien. Il y avait juste cette cassette qui disait "Brenda K.Starr -Répétition" mais c'était mes démos qu'il y avait à l'intérieur pour différentes raisons. Et finalement après le week-end, il a réussit à me joindre grâce à différentes personnes du management de Brenda. Et il a juste dit : "Vous savez, je pense vraiment que l'on peut faire de superbes disques avec ces chansons, vous écrivez les chansons... J'ai envie de vous signer chez Columbia..."

- Cela a dû vous faire un choc !
C'était incroyable, c'était comme un rêve, c'était réellement... inattendu.

- (Sur le ton de la plaisanterie) : Donc vous vous êtes dit "ah ah..."
(enchaînant)... je vais y réfléchir. (rire) (Toujours sur le ton de la plaisanterie) : "il se trouve que j'ai une super proposition pour être serveuse cette semaine alors..."

- C'était ce que vous faisiez, vous étiez serveuse ?
J'ai été serveuse, pointeuse, hôtesse, j'ai été choriste, et j'ai continué avec Brenda.

- Etiez-vous une bonne serveuse ?
Non, j'étais la pire serveuse qu'on puisse trouver.

- Pourquoi ? Vous étiez plutôt du genre tête en l'air ?
Oui plutôt, je n'étais pas faite pour ça. Je détestais ce job, je détestais....tellement ça...Je ne sais pas...Je n'étais pas bonne pour...tout est informatisé de nos jours, vous avez affaire à ces cartes, je ne sais pas, c'est difficile...

- Pourriez-vous changer ?
Non, je ne suis pas une bonne serveuse, vous voyez. Je chante mais je ne pourrais pas être serveuse.

- Et là vous avez seulement vingt ans et donc, vous avez votre baccalauréat ?
Oui.

- Et après, comment cela s'est-il passé ?
J'enregistrais déjà des maquettes depuis le lycée. Après je suis partie vivre seule à Manhattan, le lendemain de mes résultats je suis partie vivre là-bas.

- Vraiment ?
Quand j'ai vécu par mes propres moyens, j'ai habité avec des camarades de chambre et différentes personnes. C'étaient en général des chanteurs aussi, et donc...

- Est-ce que votre mère n'a pas pensé que tout cela vous arrivait trop vite ? Parce que vous êtes encore assez jeune...
En fait, ce n'est pas vraiment parce que... J'ai toujours voulu être une chanteuse depuis l'âge de quatre ans, j'ai travaillé avec beaucoup de personnes différentes et j'ai travaillé avec Ben pendant au moins trois ans, et j'ai travaillé vraiment très dur quand j'ai cherché à obtenir un contrat. Je servais de sept ou cinq heures du soir jusqu'à minuit et ensuite j'allais au studio travailler sur les maquettes jusqu'à environ sept heures du matin, et après j'allais dormir un peu... j'ai été habituée à beaucoup travailler dans ces moments là donc...elle est très heureuse de ce qui m'arrive, elle est très fière.

- Vous avez commencé très jeune dans ce milieu et cela a en effet été déterminant...
Oui, certainement.

- Est-ce que cela ne vous a pas fait considérer cette chance comme allant de soi ?
Non, ça vous fait tellement apprécier cet événement...

- Et quelle a été votre toute première représentation sur scène pour chanter lorsque vous étiez petite ?
Je ne me souviens pas pour quelle occasion j'ai chanté la toute première fois... Je ne pourrais pas vous dire où c'était, mais ma mère m'a fait chanter dans cette... elle chantait avec cette organisation qui s'appelle The International Art Of Jazz, et elle m'a emmenée là-bas vers tous ces musiciens, et j'essayais plus ou moins de les imiter et de chanter comme eux, et donc elle m'a fait venir depuis l'âge de six ans —cinq ou six ans— à ce spectacle et j'ai chanté cette chanson I Can't Give You Anything But Love avec ce guitariste dans un trio et c'était assez bien, j'avais à peu près six ans, c'était mignon.

- L'aviez-vous enregistré ?
Non, je n'ai pas de cassette de ces moments. J'ai des cassettes vidéo mais ce sont d'autres moments de quand j'étais petite c'est tout...

- Oui...dix ans avant la banalisation de la vidéo...
Oui...il y avait des camescopes mais nous n'en avions pas.

- Un peu comme de nombreuses familles...mais...vous rappelez-vous avoir été timide ou est-ce que c'était plutôt quelque chose de naturel chez vous ?
Je crois que j'avais plutôt le trac mais je crois que quand j'avais terminé j'étais heureuse.

- Et après vous êtes-vous dit qu'il n'y avait pas autre chose dans votre vie et que vous alliez faire cela ?
J'ai toujours voulu être chanteuse.

- Vous rappelez-vous certaines personnes vous disant que vous aviez une belle voix ?
Oui, mais c'était plus ou moins sincère en fait, je ne sais pas. (rire) Non, je ne sais pas. Vous savez, les gens agissent un peu comme des gamins parfois... Mais j'ai toujours voulu le faire. Ma mère m'a beaucoup soutenue et m'a toujours dit "tu sais que tu es douée" et donc cela m'a donné l'espoir qu'il m'était possible de réussir.

- Et qu'en est-il de votre frère et de votre soeur aînés ? Sont-ils interessés par la musique ?
Non. Mon frère est un entraîneur dans un club de remise en forme, il vit ici, et il entraîne les gens. Il n'est pas musicien. Et ma soeur non plus.

- Il doit avoir la forme ?!
Mon frère ? Oui, il est en pleine forme.

- L'avez-vous un peu oublié ?
Si je l'ai oublié ? Non, j'avais l'habitude de venir m'entraîner avec lui mais je ne l'ai pas oublié...

- Etiez-vous bonne en sport ?
Je l'étais et j'étais très jeune, à peu près en cinquième, j'étais la plus rapide de toute l'école dans l'épreuve de vitesse, mais après au collège j'ai relâché mes efforts et je suis devenue plus faignante.

- Je vois que vous écrivez les paroles sur pratiquement toutes les chansons, mais qu'en est-il de la musique ?
La mélodies que je crée, sur n'importe qu'elle chanson je fais des changements d'accords. Avec Ben, ce que je fais parfois c'est que quand il joue lorsque nous travaillons ensemble on décide "non, on va changer cet accord...". Pour la version de Vision Of Love, ce qui s'est passé c'est que...je ne sais pas vraiment jouer au piano mais je peux faire des changements d'accords. Et donc j'étais assise aux claviers et je suis venue avec les couplets et refrains que je chantais de Vision Of Love et j'ai juste dit : "qu'est-ce que je dois jouer ici ?" et lui me répondait "Tu fais ça". Alors j'ai en quelque sorte fait les changements en conséquence, mais c'était rare. Et ensuite il a joué le pont de la chanson.

- Donc en fait vous vous faisiez aider pour la musique et il fallait que quelqu'un vous guide...
Oui, je dois encore m'améliorer...

- Que pouvez-vous jouer d'autre ?
Juste le piano. Mais vous savez, ça peut s'avérer bien parce que je peux avoir des mélodies en tête que beaucoup de bons pianistes n'auraient pas eu l'idée de trouver, vous voyez ce que je veux dire ? Et c'est un peu comme un cours progressif.

- Est-ce que les gens vous disent que vous chantez comme une fille noire ?
Oui, mais j'ai des origines différentes alors je dis "hé bien, vous savez, j'ai un peu tout ça en moi".

- Moi si je devais décrire votre musique, je la dirais très "soul".
Merci.

- Vous devez sans doute avoir écouté beaucoup de chanteurs de soul ?
Aretha Franklin est ma préférée, et Stevie Wonder. Ce sont mes deux favoris.

- Aussi, votre voix vous est propre, mais je pense qu'un nouvel artiste est naturellement comparé. Mais je pense que vous êtes unique. Je ne peux pas réellement décrire ça mais vous avez un timbre qui est inhabituel pour quelqu'un d'aussi jeune.
Merci.

- Cela prend généralement du temps. Souvent on essaie d'imiter et après on se dit "oh, si je peux chanter ce qu'elle chante, alors je dois être plutôt bonne car elle est bonne". Et après on trouve sa propre voie. Etiez-vous consciente de devoir développer plutôt votre propre style et de ne pas chanter comme les autres ?
Je n'y ai pas vraiment songé quand je chantais, je chantais tout simplement. Et, tout ce que j'avais envie de chanter je le chantais, vous voyez ? Et si quelqu'un disait "Whouah, vous me faites penser à quelqu'un que j'adore" alors je me disais "oh, c'est super". Mais je n'ai pas pensé au fait de le faire ou pas, je chantais du plus profond de moi-même.

- Vous avez déjà suivi une école de musique...
Eh bien, je n'étais même pas encore en sixième, mais après encore une fois j'ai eu la flemme de continuer alors je faisais ce travail à la maison, je le faisais avec tous les musiciens, je travaillais avec des gens du métier... Je ne disais pas à mes camarades à l'école "je vais à la maison pour écrire des chansons et travailler avec des musiciens" mais c'était ce que je faisais.

- Et ces personnes étaient plus âgées que vous ?
Oui.

- Vous semblez ne pas trop apprécier l'école, mais si certaines choses peuvent vous servir par la suite...
Je ne dis pas que je trouvais l'école désagréable mais j'ai juste tout le temps... les professeurs... et je n'étais pas vraiment très "école", vous voyez ? Et les professeurs sont un peu comme...je ne sais pas, je ne veux rien dire de mal mais en fait ça a peut-être un caractère un peu restrictif et je préférais plutôt créer ma propre musique et faire mes propres affaires que de faire partie d'un spectacle représenté à Broadway avec l'école...

- Vous aimez les mots...et est-ce que vous notiez des phrases ou des tournures de phrases que vous jugiez interessantes ?
Parfois, oui. Ma soeur écrivait beaucoup de poésies et j'ai toujours aimé ça aussi. Les mots m'inspirent.

- Vous êtes certainement bien occupée en ce moment ?
Pour l'instant on s'occupe de la promotion de l'album, et nous avons fait dix chansons. On a contacté un pianiste, deux choristes et on fait les chansons avec un clavier, rien d'autre. Et maintenant je pars pour l'Angleterre le 26 pour continuer la promotion.

- J'ai entendu dire que l'on organisait de nombreux meetings où vous vous produisez pour le lancement de votre premier album?
Ce n'était pas pour le public, c'était pour les détaillants et les stations de radio ainsi que pour des gens de différentes maisons de disques. Et c'était bien, ils ont tous été très agréables et ça m'a aidé à me mettre à l'interprétation live car je n'ai pas beaucoup l'expérience de la scène.

- Et, alors, on vous a pris en photos ?
Oui.

- La toute première fois que j'ai entendu parler de vous, c'était pendant une réception organisée par Columbia et Michael Bolton y était et m'a parlé de vous.
Qu'est-ce qu'il a dit ?

- Il a dit quelque chose comme quoi il vous connaissait...
...Oui, nous avons fait un duo ensemble, pour la NARM [National Association Of Recording Merchandisers].

- Il parlait de vous à...Diane Warren est une de mes meilleurs amies...
Oui, je l'ai rencontrée. Elle est sympa.

- Nous étions en train de parler et il a dit "c'est la fille..." enfin il a dit quelque chose à votre sujet et je ne savais pas qui vous étiez et je n'ai pas trop écouté ce qu'il disait mais il a dit à Diane des compliments sur vous.
Il est très gentil.

- Alors vous avez chanté ensemble ?
Oui.

- Qu'est-ce que vous avez chanté ?
Nous avons chanté une chanson qu'il a écrite pour Barbra Streisand et qui s'appelle We're Not Making Love Anymore, il l'a écrite avec Diane. Oui, nous avons fait ça, et j'étais très nerveuse. Pour la NARM, devant presque toutes les personnes du métier, pour ma première expérience live, c'était très angoissant... Je me disais "Whouah...toutes ces personnes qui comptent sur moi, comment est-ce que je vais pouvoir réussir ?". Mais ça a marché et j'étais très heureuse, et travailler avec Michael a été un plaisir.

- Oui, il est impressionnant...
C'est quelqu'un de très doué...

- Est-ce que vous enregistrerez quelque chose ensemble ?
Certainement.

- Parce que vous savez, vous avez tous les deux une voix très expressive. Et quelle sera la prochaine étape ? Parce que maintenant tout s'accélère...
Oui. Pendant un an j'étais assise et je me disais "quand est-ce que le disque sera fini ?" et maintenant c'est un peu commme " Hop! C'est parti...". Mais ce qu'on fait en ce moment... demain soir je vais au City Hall (le lieu du déroulement des Grammy Awards !).

- (étonnement)
Oui, je m'en réjouis tellement. Je n'arrive pas à croire que cela m'arrive aussi tôt, parce que je suis inconnue, au fond. Et après je vais rentrer à la maison, à New York. Et après je ne sais pas ce que je vais faire entre temps mais je vais en Angleterre le 26.

- Avez-vous déjà été là-bas ?
Non.

- Vous avez votre passeport ?
Oui.

- Avez-vous déjà été en dehors des Etats-Unis ?
Non, jusqu'à cette tournée où j'en ai eu l'occasion.

- Et est-ce que ces endroits étaient les même que ce à quoi vous vous attendiez ?
Oui, mais je ne vois pratiquement rien. Je pars de l'aéroport jusqu'à l'hôtel, j'essaie de dormir une heure, je sors de l'hôtel, je rentre dans la voiture, je vais à l'endroit indiqué et ensuite je rentre encore à l'hôtel et après à l'aéroport pour repartir. Donc je n'ai pas vraiment le temps de regarder autour de moi.

- Vous aviez juste le temps de regarder par la fenêtre ?
Oui, et de me dire quelque chose comme "oh, c'est pas mal, beau building...Où sommes-nous ? Minneapolis."

- Et avec tous ceux avec qui vous partez, est-ce que vous avez quelqu'un en tant qu'ami à qui parler ?
Mon manager. Quelqu'un faisant partie de mon management sera là, différentes personnes ainsi qu'une femme nommée Jane Berk qui fait partie de CBS est souvent avec moi, certaines personnes représentant la maison de disque ont été là à différents meetings, le président de Columbia est souvent venu...ce qui est bien. Il y a aussi Tommy Mottola. Beaucoup de gens étaient là, alors je me suis réellement sentie soutenue.

- Est-ce que tout cela ne vous met pas trop la pression ? Toutes ces personnes qui attendent de vous la réussite... Est-ce que c'est plutôt dur ou vous le faites avec plaisir ?
Eh bien, c'est super pour moi. C'est effectivement une certaine pression mais c'est ce que j'ai toujours voulu faire, et donc je me sens très chanceuse de pouvoir le faire et... c'est comme ça que je le prends.

- Et qu'en est-il de l'enregistrement de votre album ? Est-ce qu'on vous laissait la liberté de choisir et de prendre vos décisions ou avez-vous à en référer aux producteurs ou à la maison de disque ?
C'était un peu des décisions prises conjointement parce que c'est mon premier album et... nous avons essayé des producteurs différents et en fait ça a été très experimental. Donc, j'éspère que la prochaine fois je m'impliquerai encore plus. En ce qui concerne la chanson Vanishing par exemple, il y a juste le chant et le piano, et ça je l'ai fait toute seule en studio. C'est la seule chanson où au fond il n'y a eu que mon travail pour la démo et les arrangements...que nous avions fait avec mon partenaire Ben Margulies. Mais toutes les autres chansons ont été produites selon le processus habituel.

- Est-ce que vous sentiez que vous pouviez dire "je préfererais plutôt chanter ça ou..." ?
Je l'ai fait, pas mal de fois. Ils ont été très compréhensifs à ce sujet. Ils ne m'ont jamais vraiment forcée sur quoi que ce soit.

- Et maintenant est-ce que vous écoutez ce que vous avez fait ou...
Je n'ai pas écouté, j'ai tellement fourni d'efforts pour le faire que je ne l'écoute pas. J'ai besoin de prendre un peu de recul sur ce travail.

- Vous avez commencé un peu à chanter sur scène, n'est-ce pas ?
Oui.

- Combien de chansons avez-vous chanté ?
J'en ai déjà chanté trois. Et là je crois que je vais sans doute en chanter cinq à Londres.

- Est-ce que l'album sortira quand vous serez en Angleterre ?
Je crois que oui.

- Normalement ce sera cette date ?
Je ne sais pas. Cela peut aussi être plus tard...je ne sais pas...parce que j'ai écrit une nouvelle chanson et l'album devait déjà être commercialisé le 5 juin mais tout le monde dans le label l'a beaucoup aimée, alors ils ont reporté la date pour cette nouvelle chanson.

- Pour les Etats-Unis ou pour l'Angleterre ?
Pour les deux, je présume. Je viens de finir de l'enregistrer, elle est masterisée, il ne reste plus qu'à sortir l'album maintenant.

- J'ai justement quelques photos de vous pour la porchette de l'album...Vous êtes très bien dessus.
Vraiment ?

- Oui. (sur le ton de la plaisanterie lui montrant les photos) : Ne prenez rien!
Je ne les ai même pas vues...

- Vous savez, ma cousine travaille chez Epic et s'occupe entre autres de la promo des artistes. Il y a énormément de pression dans ce domaine.
Je sais, il y a un tel investissement d'argent, c'est incroyable...

- Est-ce que vous apprenez beaucoup de choses sur le marketing et les droits d'auteur pour vos chansons ?
La maison me renseigne pas mal. Je suis en train de m'y interesser. Et, ils m'aident à comprendre tout ça.

- Car j'ai cru comprendre que l'on avait misé énormément sur vous, et pour une toute nouvelle artiste...
Oui...c'est incroyable. C'était surtout à cause de cette mini-tournée pour la promo...et tout a été pris en charge par le label, j'ai dû rencontrer beaucoup de gens de la radio, chanter pour eux, ainsi que m'en faire connaître...

- Et en ce qui concerne les clips, en avez-vous déjà tourné un ?
Ce sera samedi, pour mon premier vidéo-clip.

- Il va y avoir la séance de maquillage...
...Le maquillage et la coiffure.

- Et comment est-ce que ça sera ? Vous serez seule dans le clip ?
Toute seule, oui. Il va falloir choisir sans doute une robe, et on va aussi s'occuper de mes cheveux... Il est difficile de les arranger. La plupart des coiffeurs ne parviennent pas à y faire parce qu'ils sont bouclés et ils ne savent pas quoi en faire. Ils y font toujours quelque chose de bizarre alors en général, je m'en occupe.

- Il bouclent naturellement ?
Oui.

- En plus, pour un événement de cette ampleur, on a autre chose à faire que de se soucier de...
...Je sais. En fait, je n'ai pas envie me soucier de ça...j'ai plutôt intérêt à m'occuper de la manière dont je chante. Je n'ai pas envie de me demander sans arrêt "Est-ce que mes cheveux ont l'air affreux ?"...

- Oui, c'est sans doute la dernière des choses à penser.
(rire)

- Vous n'avez jamais fait d'émissions télévisées ?
Non.

- Quand est-ce que vous allez chanter prochainement ?
(Sous l'effet de l'émotion) : Aujourd'hui. Ce soir, non, demain.

- Et comment est-ce que cela va se passer ? Vous allez aller là-bas et décider de qui sera avec vous ?
Ils s'occupent des charts, la personne avec qui j'ai travaillé sur la chanson en question. Rhett Lawrence sera là et jouera aux claviers.

- Il vous dirigera ?
Oui.

- Et vous pourrez lui parler pour vous rassurer avant de chanter...
Je ne pense pas...

- Cela vous rend encore plus nerveuse que le fait de chanter ?
Ah ça, oui. Mais heureusement je suis...inconnue alors il ne voudra pas me parler et il me laissera chanter et après il me laissera aussi tranquille...(rire).

- Oui, certaines personnes trouvent ça en effet plus angoissant d'être elles-mêmes que de se cacher derrière une chanson ou une interprétation quelle qu'elle soit...
Mais...je préfère plutôt chanter, je veux dire...c'est ce pour quoi je suis là. Je préfère chanter plutôt que de discuter avec quelqu'un sur des sujets comme...je ne sais pas...ce que j'aime manger ou quelque chose comme ça, vous voyez ? (rire)

- Oui...
... C'est plus facile de chanter seulement.

- Mais si l'on veut faire de la chanson son métier, on s'attend certainement à devoir révéler certains aspects de sa personne...
Oui...je pense que l'on s'y attend lorsque l'on veut faire ça.

- Oui. Mais je pense qu'il y a des gens qui ont le droit de dire "ça devrait se passer comme ça" ou qui pensent mériter aussi leur vie privée. Il n'y a pas de vérité absolue car tout le monde est différent. Certaines personnes vont être heureuse et s'en accomoder tout le temps alors que d'autres ont réellement besoin de recul. Cela ne veut pas dire pour autant que ces gens là ne sont pas faits pour vivre de ce métier.
Oui.

- En fait, ça dépend des gens. Moi, par exemple, j'ai besoin de beaucoup de temps pour moi et j'aime marcher tranquillement et ne pas...avoir sans cesse quelqu'un qui me suit et cherche à me parler...
...Oui, c'est irritant...

- Oui, et alors ils vont et viennent en se disant "Est-ce vous ne seriez pas une telle ?", vous voyez ? Est-ce que vous êtes prête à vivre ça ?
Oui, je pense. Je devrai avoir un comportement adapté quand cela arrivera alors... J'y réfléchis pour le cas où cela m'arriverait. Mais par exemple, je ne peux plus me permettre de sortir de chez moi négligée comme je le fais à New York. A New York, les gens s'en fichent.

- Et vos amis, comment ont-ils réagi ? N'ont ils pas pensé "Elle va nous oublier maintenant, nous ne serons plus là pour elle" ?
Ils étaient enthousiasmés. Je n'ai pas vu mes amis de lycée depuis que j'en suis partie, excepté quelques rares personnes, parce que j'étais ici et que je travaillais pour essayer d'obtenir un contrat d'enregistrement et je faisais mes petites affaires. Et eux de leur côté faisaient leurs études supérieures et s'occupaient de également de leurs affaires. Et donc ils ne se souciaient pas du tout de moi. Et maintenant quelques personnes que je n'avais pas vu depuis des années m'appellent : "Oh wow! tu sais, on t'a entendue à la radio" et on m'a demandé des choses comme "Oh, mais qu'est-ce que tu faisais pendant tout ce temps où l'on ne s'est pas vu ?" et j'étais serveuse à ce moment là à New York...

- Et tout ça a changé il y a deux ans...
Deux ans et demi.

- Mais ce que j'aime chez vous aussi, c'est que vous avez un nom de famille.
(rire)

- Parce que j'estime que cela doit se mériter d'être reconnu rien qu'avec son prénom, comme "Mariah" ou "Whitney" ou n'importe qui...Pourquoi n'invente t-on pas de noms de famille ? Je n'en peux plus de ces noms de scène qui ne forment qu'un nom !...
Quand j'étais petite je voulais avoir un nom comme ça. Et Madonna est devenue célèbre. Et j'étais à ce moment là en CE2 ou quelque chose comme ça et je me disais "Oh-Oh, pourquoi pas moi ?". Et ensuite ça a été la mode des noms uniques, vous voyez ? Alors je me suis résignée : "je garde mon prénom avec mon nom, ce sera très bien".

Retranscription Angelic Mariah — Tous droits réservés

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