biographie Mariah Carey

La route vers la gloire (1987-1988)

Ce fut le début d'une grande aventure, car au début, la route était plutôt sinueuse. Mariah commença donc par s'installer dans un petit studio à New York, avec deux autres filles qui partageaient son rêve de la gloire. Les débuts furent difficiles ; les matelas étaient posés à même le sol, et certains jours, manger devenait un luxe. L'équipement n'était guère plus confortable, ainsi Mariah avait pu acquérir une paire de tennis trouée, qui la suivait aussi bien sous le soleil que sous la neige !

Ce fut tout d'abord la course aux maisons de disque dans toute la ville. Mariah emportait les compositions qu'elle avait fait avec Ben, mais ce fut sans succès. Elle affirma plus tard :"... Je ne pouvais pas payer quelqu'un pour écouter mes démos. Les gens pensent que si vous n'avez pas un manager haut placé ou une maison de disque qui s'interesse déjà à vous, vous n'êtes pas bon. Je n'avais aucun contact et je démarchais avec mon partenaire, qui était également inconnu et n'avait aucun contact non plus."

Mariah Carey au piano

Mariah et Ben étaient pourtant persuadés de la qualité de leur musique. Et de surcroît, Ben était conscient du talent que présentait déjà Mariah, rien que pour sa facilité à trouver l'inspiration. Ainsi, il reconnaissait : "Elle avait la capacité de créer une chanson par le seul fait de m'entendre pianoter. Souvent, j'allais m'asseoir et commençais à jouer quelque chose, et à partir de quelques accords, elle commençait à chanter une mélodie et ressortait avec un concept." Lorsque Mariah avait en tête une mélodie, il lui arrivait de s'installer au piano et de laisser Ben la guider pour les accords.

Mais pour vivre, Mariah ne pouvait se contenter de rester avec Ben ou de courir les maisons de disque. C'est ainsi qu'elle enchaîna plusieurs petits boulots sous-payés, en travaillant entre autres en tant qu'hôtesse d'accueil et en tant que serveuse dans des restaurants. Mais Mariah n'était guère motivée (après coup, elle avoue avoir réellement détesté ces petits boulots et s'avouait même la pire serveuse dans l'histoire! —de la restauration—) et négligeait ses horaires de travail. Il lui arrivait souvent d'être absente, trop absorbée par son travail d'écriture, ce qui lui coûtait la plupart du temps de perdre son emploi. Mais le pire job dont Mariah se souvient, c'était chez un coiffeur, où elle avait été employée pour nettoyer et balayer. Mariah découvrit non sans surprise que tous les employés avaient des surnoms tels que "Eclairage" ("Lightning" en anglais), ou encore "Electricité" ("Electricity" donc). Et lorsque Mariah se vit sans ménagement attribuer le nom de "Echo", ce fut elle qui rendit son tablier. Le petit boulot n'avait pas duré deux jours.

Mariah Carey promo 1er album

Malgré cela, Mariah travaillait dur pour survivre, généralement de cinq heures de l'après-midi jusqu'à minuit, après quoi elle filait au studio de Ben avec qui elle travaillait toute la nuit (elle ne revenait du studio que vers sept heures du matin !). Le rêve tournait donc à l'obsession mais Mariah y croyait dur comme fer : "J'ai fait tout ça", raconte t-elle, "parce que je voulais obtenir un contrat d'enregistrement et faire un album. Je peux soit faire des choses qui ne me rapportent rien mais je peux aussi sortir un album."

Après plusieurs mois d'efforts intenses, Mariah fit de nouvelles connaissances, dont celle d'un musicien qui était un batteur de Brenda K. Starr, alors chanteuse de musique R&B. Et comme une des choristes avait récemment quitté sa place, on la proposa tout naturellement à Mariah. A ce moment là, Mariah avait confié : "Je n'avais vraiment pas envie de prendre ce job, mais je me suis dit à ce moment là que c'était toujours mieux que ce que je faisais." Ce n'était pas un travail à plein temps, mais Mariah fut en fin de compte satisfaite de la place qu'elle avait obtenu, trouvant de plus la chanteuse Brenda K. Starr plutôt sympatique. Et d'autre part, c'était un premier pas en avant vers le rêve auquel Mariah se destinait : gagner sa vie en chantant, en faire son métier. Mariah était encore loin d'être riche, puisqu'elle portait toujours sa même paire de tennis trouées, et n'était jamais habillée très chaudement, au point que Brenda elle-même s'inquièta pour la santé de la jeune chanteuse dans les moments de grand froid.

La chanteuse Brenda K. Starr n'était pas très connue, et Mariah n'avait jamais participé à un seul de ses disques en tant que choriste mais seulement lors de concerts. Les deux jeunes femmes s'entendaient très bien. Il leur arrivait même pendant leur précieux temps libre de passer une soirée à bavarder, ayant toutes deux grandi sans être élevées par leur père, point commun qui les rapprochait d'autant plus. Petit à petit, Brenda découvrit les talents de Mariah, et à mesure qu'elles devenaient amies, Brenda, loin d'être jalouse, présentait son amie aux relations qu'elle avait. Mariah lui en était du reste infiniment reconnaissante : "La plupart des chanteurs auraient dit, "reste dans l'ombre et ne chante pas trop fort'"... Elle m'a beaucoup aidé. Elle était toujours en train de dire "Voici mon amie Mariah, voici sa cassette ; elle chante, écrit...""

Ce fut Brenda qui incita également Mariah à venir avec elle à une réception privée où sa maison de disque serait présente. C'était un jour comme les autres, un vendredi de novembre 1988, où la température du thermomètre faisait grise mine et Mariah n'avait aucune envie de sortir. Il faut dire que la chanteuse ne se sentait pas du tout à l'aise à l'époque pour aller à des réceptions mondaines ou encore à des soirées en discothèque, étant plutôt réservée. De plus, elle prenait grand soin de sa voix, qui ne supporte pas les ambiances enfumées.

Pourtant, Brenda parvint à la convaincre. Et comme Mariah n'avait pour ainsi dire rien qui puisse convenir dans sa garde-robe pour l'occasion, elle emprunta sa robe de soirée à une amie. Mariah rencontra des gens haut-placés dans le domaine du disque, mais ce ne fut qu'à la dernière minute qu'elle osa confier sa cassette démo à Jerry Greenberg, le patron du label de Brenda, CBS Epic (un des labels de Sony Music). A cet instant précis, Tommy Mottola, le président du groupe CBS (groupe qui changea d'appellation par la suite et devint Sony Music) — en personne s'il vous plaît ! — qui passait par là, anticipa le geste et lui arracha la cassette des mains. En voyant cela, Mariah pensa que c'était à nouveau une pure perte de temps et se dit : "Okay, cet homme n'écoutera jamais ma cassette..."

C'est à partir de cet instant seulement que l'histoire prit l'allure d'un conte de fée moderne à la Cendrillon, histoire qui se fit vite connaître dans le métier. Sur le chemin du retour qui le raccompagnait jusque chez lui, Tommy Mottola mit la cassette dans l'auto-radio de sa limousine, et fut tout de suite intrigué par la maturité de la voix de la chanteuse et... sous le charme... Il écouta deux chansons (sur les quatre !) et décida de faire demi-tour sur le champ pour retrouver la chanteuse inconnue qui, elle, avait déjà disparue telle l'héroine de Cendrillon. En guise de pantoufle de vair, Tommy Mottola possédait seulement la démo de la jeune chanteuse, sans même son nom écrit dessus, juste celui de Brenda K. Starr. Celui-ci parvint rapidement à recontacter Mariah grâce à l'agent de Brenda, tout d'abord en lui laissant un message sur son répondeur le lundi même. Mariah reçut le message et rappela timidement : "Pourrais-je parler à M-Monsieur M-Mottola ?", interrogea t-elle, et Tommy Mottola de répondre : "Vous savez quoi ? Je crois que l'on peut faire de grands disques à succès avec ces chansons !" Inutile de décrire l'émotion et l'excitation qui ressortit de cette nouvelle... L'après-midi même, Mariah vint accompagnée de sa mère dans le bureau du président de CBS. Un mois plus tard, Mariah Carey signa un contrat avec le label principal de Sony Music : CBS Columbia, en décembre 1988. Le début d'une nouvelle histoire et d'une nouvelle vie...

Par la suite, Mariah n'oublia jamais à qui elle devait cette incroyable chance. Et, un jour de Noël, elle débarqua à l'improviste chez Brenda en lui apportant un ensemble luxueux de maquillage ainsi qu'un cadeau pour sa fille.

Tel que Brenda décrivit la scène : "Elle commença à rire avec ses boucles tombant sur son visage... C'était comme si elle avait été le Père Noël. J'ai commencé à pleurer".

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